L’extrême centrisme : retour sur l’université d’été du Radicalisme et des Progressistes

Le Corum de Montpellier a accueilli ce week-end, un jour et demi d’université d’été du Radicalisme et des Progressistes (16 et 17 septembre 2017).

Quatre partis en présence : Parti Radical de Gauche, Parti Radical, Union des Démocrates Ecologistes, Génération Ecologie.

Objectif premier : la construction d’une réunification des forces radicales et progressistes en un seul parti, en vue du Congrès des 8 et 9 décembre 2017.

Objectif secondaire : la position du parti des forces radicales et progressistes dans le paysage politique français dans la perspective des prochaines élections européennes.

Mais combien sont-ils de radicaux, de progressistes ?

  • À Montpellier 700 inscrits ce week-end

  • En France : 12 000 adhérents (PR et PRG confondus)
  • À l’Assemblée : 6 députés UDE, 6 députés radicaux de gauche

Mais comment se positionnent-ils ?

Le but de cette université d’été était précisément de le savoir. Il s’agissait donc de rassembler tous les radicaux et les progressistes, les écologistes de l’UDE, en deçà et au-delà de Macron, pourquoi pas avec l’UDI et le Modem. De ne pas être le supplétif du mouvement En Marche, de séduire et de récupérer à l’occasion les députés de la majorité qui hésitent de plus en plus… en un mot comme en cent, il s’agit de créer une force indépendante et la proposition nouvelle d’un vrai parti radical centriste.


L’extrême centrisme !

Pour l’UDE tous les progressistes doivent se réunir : « Macron n’est ni de droite, ni de gauche, il est dans l’alternance. Nous, nous ne sommes ni de droite, ni de gauche, mais dans l’alternative ! »… applaudissements.

Pour la 1ère vice-présidente du PR, Arlette Fructus : « Le centrisme, c’est nous ! Il n’est pas incarné par En Marche » !

Pourtant, ils auraient tous contribué au mandat de Macron dès le premier tour et ils veulent tous y prendre part. Ils ne veulent pas s’isoler. Pourtant, des voix s’élèvent pour dire qu’ils sont dans une opposition constructive… dans une majorité exigeante. Pourtant…

Allez savoir…

Et puis, et puis, il y a les écologistes UDE (pas les sectaires comme Duflot ou Coronado, trop proches de Mélenchon !). Mais on les a peu entendus. Ils se savent indispensables et mieux encore, une sorte de pont, de passerelle, voire un moteur qui peut faire le lien entre le parti radical valoisien (PR) et le parti des radicaux de gauche (PRG). Leurs origines se situent dans l’UDF pour beaucoup d’entre eux, puis le Modem, Bayrou, puis Borloo comme un parrain de l’ombre… Le choix de Macron reste « génial » pour des centristes comme eux.

Pourtant, comme d’autres, ils sont contre certaines mesures annoncées : baisse des APL, suppression des contrats aidés, baisse des impôts locaux. Ils n’adhèrent pas tous au mode de décision sur ordonnance qui déresponsabilise le parlement. Ils veulent rester « bienveillants mais vigilants ».

Pour les valoisiens qui soutiennent-sans-soutenir-mais-en-soutenant-quand-même le gouvernement Macron, les distinctions sont autour des questions de communautarisme, de laïcité. Les radicaux de gauche, qui-soutiennent-sans-soutenir-mais-quand-même le président Macron, veulent incarner la dimension humaniste du gouvernement, une certaine justice sociale et donner un sens à l’Europe.

Pour un radical de gauche, se pose la question essentielle, lancinante, immédiate, celle de repenser leur position dans la société entre En Marche et la FI et ne pas être marginalisé. Selon lui la vertu du « séisme » ou du  « tremblement de terre » que représente l’élection de Macron en mai dernier est d’avoir (enfin) cassé les partis politiques qui sont en contradiction (PS, LR).  Et Laurent Hénart (parti radical valoisien), en conclusion de cette université d’été, de dire que ces partis ont été explosés « façon puzzle ».

Qui seraient les Bernard Blier, les Audiard, allez, j’ose le dire… « les tontons flingueurs » prêts à tout pour s’imposer comme une force (opposition ? supplétive ?) politique extrême centriste  ?

Mais dans le couloir un responsable politique de la région parisienne qui taisait son nom, de me préciser : « au début il courait le bruit que Macron était à l’initiative de cette réunification… après les débats, je suis sûr que ce n’est pas vrai ».

Sûr et certain ?

Il reste un sentiment d’un entre-soi contre lequel chacun voulait lutter sans y parvenir vraiment. Et ce monde s’entre-glosait. Il s’entre-glosait si bien qu’à l’entre soi, on y revenait toujours, arguant qu’il ne faut pas se regarder dans les yeux mais les tourner vers la société, qu’il ne faut pas privilégier son Ego, qu’il ne faut pas sombrer dans le nombrilisme, qu’il ne faut pas s’isoler, qu’il faut s’allier à tout prix, etc. Mais avec qui s’allier ? Pas la FI, pas le FN, pas Wauquiez, mais alors qui ?

Des éléments de programme politique, point nenni, ou très peu.

Il est vrai, comme disait un député des Bouches du Rhône, « si on doit être d’accord sur tout, on oublie la réunification ».

… un conseil, oubliez.