Perpignan expose les peuples en souffrance.

Regarder le malheur des autres, n’est pas fait pour se contenter de ce que l’on a, en se disant : «  finalement, on n’est pas si mal… » Regarder le malheur des autres c’est pouvoir réagir et ne pas laisser s’installer la peur. C’est pouvoir au cœur d’une démocratie, s’insurger contre la domination sournoise des puissants. C’est s’autoriser à rester fort pour ne jamais leur ressembler. C’est leur redonner de l’espoir en devenant un exemple de lutte, de progrès, d’unité et de fraternité. C’est réussir ici à retrouver de vraies valeurs qui feront échos chez tous ces peuples en souffrance.

En septembre, les victimes des changements climatiques, les enfants en prison, la détresse des Irakiens, les pleurs des femmes en Inde envahissent la ville de Perpignan. Ces hommes et ses femmes bousculés par le pouvoir laissent sur une photographie transpirer leur humanité : un brin de poésie écrasé par le temps qui s’effrite et le rouleau compresseur de l’histoire.

L’image : une magie dont certains anciens pensaient qu’elle avait le pouvoir de voler les âmes, elle a surtout le pouvoir de faire résonner leurs âmes à travers le temps pour nourrir une volonté de résistance.

Alvaros Canovas
© photo – Alvaro Canovas

29e édition du festival international de photojournalisme de Perpignan : « Visa pour l’image » entrée gratuite, tous les jours, de 10h à 20h, du 2 au 17 septembre 2017. Il est intéressant d’aller s’instruire du talent des journalistes qui exposent à Perpignan… Soit décomplexé citoyen ! Armé de ton smartphone, qui semble une machette comparée aux appareils de guerre des reporters, ose toi aussi découper le réel, pour en transmettre l’émotion.

Au cours des mois qui viennent, photographiez la vie de ceux qui se feront écraser par les chars de la réforme du Code du travail qui valide l’utilisation des ordonnances par le gouvernement pour renforcer la négociation d’entreprise. Derrière ces chars sur les traces des chenilles, en marche : ce ne sont pas des soldats, mais des députés qui doivent pouvoir ressentir dans toutes leurs circonscriptions les dégâts de leurs votes, au pas.

Pour nous envoyer vos photos voici le mail : photos@lemouvement.info