Sébastien Huyghe, député LR nous donne clairement la vision qu’ont certains élus de l’usage de l’IRFM (indemnité représentative de frais de mandat).

Et cette vision peut apparaitre révoltante, quand il explique en commission : « c’est véritablement une foultitude de choses pour lesquelles on ne peut pas avoir de justificatifs… les kermesses, les tombolas, les tournées payées au bar de ces fêtes d’associations qui sont aussi indispensables dans la fonction de représentation du parlementaire.« 

Triste nouvelle… que de comprendre que lorsque Sébastien comme d’autres députés invitent dans leurs circonscriptions les citoyens à partager un verre ou une collation pour vivre un moment festif, il n’est alors question que de clientélisme. Et paroxysme absolu du cynisme de la situation, ce personnel politique n’utilise pas ses propres deniers, mais ceux de l’État.

En clair : si Sébastien Huyghe t’offre une tournée, c’est avec ton argent. Irritées par la disparition possible de l’IRFM, et la mise en place du remboursement en frais réels, c’est à dire en note de frais, les vraies natures se révèlent.

Plus grave, le rôle essentiel du député est de voter les lois et de contrôler l’action du Gouvernement, certainement pas de soigner son électorat en l’arrosant avec son IRFM et sa réserve parlementaire.

Pour rappel, le maintien de la réserve parlementaire est aussi en question, elle permet aux députés et sénateurs d’attribuer des subventions à des associations ou à des collectivités. Elle est de 147 millions d’euros en 2017 (soit approximativement 130.000 euros par un député et par an).

Les Républicains voteront contre les projets de loi sur la confiance de la vie publique en fin de semaine, en raison de la suppression de cette réserve parlementaire. Réserve parlementaire qui a été enfin supprimée lors de l’examen du projet de loi visant à redonner confiance dans l’action publique. Et si la mesure est confirmée lors de l’examen en séance publique, le projet de loi prévoit d’aiguiller ce budget pour un « fonds d’action pour les territoires et les projets d’intérêt général », en toute transparence.

Bref, citoyen pour l’heure, ne te laisse jamais offrir un verre par ton député, qu’il utilise son IRFM ou qu’il demande une facture, c’est dans tes poches qu’il prend le pognon pour payer. En même temps, s’il vient d’attribuer 15 000 euros de subvention à ton association, tu vas certainement vouloir fermer les yeux. Alors clientélisme certes, mais le client ne serait-il pas aussi contaminé que son député ? Il est urgent d’exorciser les élus, habités par le complexe du seigneur féodal.

Citoyen nous sommes ! Serf nous refusons de devenir !

Sébastien Huyghe devrait voter des lois qui permettent de vivre dans l’équité en toute liberté plutôt que de tenter de nous attendrir : « ça demande un certain nombre de dépenses qui sont d’une variété infinie… c’est le panier de la ménagère qu’on remplit parce qu’ils n’ont plus de quoi donner à manger aux enfants pour la soirée… » Comment dire mon bon seigneur, faites votre boulot plutôt que d’entretenir votre notoriété et ne penser qu’au prochain mandat. Votre charité est aussi humiliante, qu’elle met votre avidité en lumière.

À voir Sébastien Huyghe et l’essence de la fonction de député, lors de la Commission des lois : sur le projet de loi pour la confiance dans la vie publique publique et discussion générale.